Propos divers sur « A la recherche de Daphné »


Hors de toute perspective et hors de tout contexte décoratif, mes visages peints se rapprochent davantage de l’icône que du portrait. L’icône s’oppose au portrait naturel représentatif d’une personne dans son contexte, ses émotions. Plus schématique, elle entraine une certaine froideur. Ces différences expliquent un genre pictural : « la manière grecque » (maniera greca), abandonnée à la Renaissance au profit d’une peinture plus naturelle.


Eikôn en grec signifie « image ». Elle possède une dimension religieuse parente des mythes qui nous occupent. Son spectateur perçoit une atmosphère liée à la magie renforcée par la présence des arbres. Voire même, pour mes réalisations, une apparence d’idole sylvestre.

Les icônolâtres (vénérateurs de l’icône) du Bois fleuri pourraient donc idolâtrer une image symbolique de la femme non dé-fleurée par la brute apollinienne. Au-delà du mythe antique, Daphné reste l’exemple de la femme libre de ses choix ; peut-être l’image du féminisme ? Mais, si elle est évoquée dans ce travail le spectateur doit-il la trouver ? Peut-on l’identifier dans une de ces figures tracées sur ces arbres ? L’énigme étant résolue, il n’y aurait plus de mystère pour le spectateur, la magie serait perdue !

Perdre la face, l’effacement, la disparition sont des termes au cœur de ce dispositif.

La plante principale, le laurier est liée à la magie, la divination des pythies et le couronnement des artistes et des sportifs vainqueurs.

Le dessin sur l’écorce m’échappe, il se crée des incidents heureux entre le graphisme et les aspérités de l’enveloppe des troncs.

Parfois, j’estompe le carré conté à l’aide d’une brosses à poil dur afin de respecter l’équilibre entre la matière et le dessin.

La première pluie donnera plus de naturel au dessin.

Les couleurs de valeurs moyennes du support de l’écorce renvoie au dessin classique où l’ombre et la lumière ressortent. Comme les pastels du XVIII ème siècle réalisés sur un fond (mezzo tinto) gris/bleu ou ocre.

Bernard Brisé photographie les séances de dessins. La présence de l’arbre, son volume, son feuillage offrent diverses possibilités d’images photographiques selon le temps, la lumière, le cadrage et l’effacement.

La météo et la lumière du jour invite le photographe à réaliser des compositions variées dans le parc .


 

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